Originaire des régions tropicales et subtropicales du globe (Inde), il est subspontané partout en Europe

NOMS

Porcelin, porchailles, porcellane, porcelaine

DESCRIPTION

• Plante annuelle s étalant sur 10-30 cm, rameuse, couchée, charnue, très ramifiée • Ses tiges couchées ou dressées sont le plus souvent rougeâtres • Feuilles opposées ou les supérieures alternes, obovales-oblongues, en coin à la base et sessiles (sans pétiole), épaisses, luisantes et charnues. Pointues à la base • Période de floraison : juin-novembre • Fleurs jaunes, sessiles, solitaires ou agglomérées à l’aisselle et au sommet des rameaux, involucrées par les feuilles supérieures. Fleurs par 3 à l aisselle de chaque feuille. Les fleurs jaunes ne s ouvrent que par temps ensoleillé • Elles comportent 2 sépales, inégaux, obtus, carénés sous le sommet, à la fin caducs • 4 à 6 pétales, libres ou un peu soudés à la base, très caducs. Les étamines au nombre de
• 2 sépales, inégaux, obtus, carénés sous le sommet, à la fin caducs • 6-12 étamines entourent un style à 4-6 branches • Ovaire adhérent à la base • Le fruit est une Capsule (pyxide) ovoïde s’ouvrant circulairement en travers, à graines nombreuses, noires, luisantes • Dissémination des graines : barochore (gravité) • Inflorescence : glomérules • Sexualité : hermaphrodite • Pollinisation : autogame • Le pourpier pousse dans toute la France et dans toutes les régions chaudes et tempérées de la Terre. On le trouve aussi bien en Europe qu’en Asie (Chine, Inde…), Amérique ou Australie • Il croît dans les friches thermophiles, dans les jardins, sur sols sablonneux ou calcaires. On peut le trouver dans les vignes, les crevasses du bitume, sur les chemins, sur les sables et limons des vallées alluviales • Habitat type : friches annuelles, nitrophiles, thermophiles. • Aire de répartition : cosmopolite • Avec Melanthera biflora, Ipomoea pescaprae et Digitaria ciliaris, le pourpier est une des premières espèces de plantes à coloniser les zones dégradées aux tropiques • Le pourpier est un bioindicateur caractéristique des sols -> laissés à nu et non protégés, manquant d’air, le plus souvent à cause de la compaction, carencés en calcium, à faible pouvoir de fixation (eau et éléments fertilisants) donc très secs en été.

COMPOSANTS

Contient des vitamines À, B, C (notamment vitamine C), des minéraux (principalement calcium, magnésium, potassium, et fer), des mucilages (à qui elle doit ses propriétés émollientes) , des substances amères, de l acide oxalique et des acides gras oméga 3. Elle est particulièrement riche en acide alpha-linolénique, acide gras, jouant un rôle contre l artériosclérose.

USAGES MÉDICINAUX

Le pourpier est efficace contre les brûlures d estomac • Il est dépuratif, fébrifuge, diurétique et bactéricide • En infusion il stimule le métabolisme et la digestion et soulage les maux de tête, de reins et de la vessie • En médecine chinoise, on l’utilise contre les douleurs hépatiques et gastriques et en cas de cystite •

Adoucissante pour l’’intestin et cataplasme interne du tube digestif. Avec le régime crétois*, il est revenu à l’’honneur pour assurer la protection vasculaire: c’est l’une des rares plantes au monde à produire, en quantités importantes, des acide gras gamma linoléique oméga 3. Elle est riche aussi en antioxydant, en glutathion, en fer et en vitamines A, B, C, E. Les acides gras omega 3 agissent aussi sur le diabète, les rhumatismes, les troubles nerveux, les maladies fonctionnelles… Il remédie aux saignements des gencives en coagulant le sang. Il combat les irritations dues au rasoir et calme les rougeurs. Enfin, selon Albert le Grand, la consommation de pourpier calme « l’ardeur de la concupiscence ».

Le pourpier est riche en vitamine C, comme la framboise fraîche, moins que le citron frais mais beaucoup plus que la pomme. La concentration dans les diverses vitamines du groupe B est aussi plus importante que dans la plupart des fruits. Il contient aussi du β-carotène à la concentration de 2,1-3,0 mg/100 g.

L’acide α-linolénique C18:3n3 est l’acide gras le plus abondant. La formule C18:3n3 se lit ainsi : une chaîne de 18 carbones, le chiffre 3 indique le nombre de doubles liaisons, et n3 (ou n-3, ou ω-3) indique 3 atomes de carbone entre la double liaison distale et le méthyle en bout de chaîne. Les nutritionnistes qualifient ces acides d’oméga 3 (ω3), le carbone terminal étant oméga ω et 3 étant la distance de la première double liaison à partir de la fin. L’acide α-linolénique est un acide gras essentiel qui ne peut être synthétisé par le corps et doit être apporté par l’alimentation. Il joue un rôle important dans la croissance et la prévention des maladies.

Le second acide gras important est saturé ; il est formé par une chaîne de 16 carbones, sans double liaison : c’est l’acide palmitique. Puis viennent l’acide stéarique en C18 et l’acide linoléique, un acide gras insaturé en oméga 6. Au total, les acides gras poly-insaturés représentent de 29 à 46 % et les mono-insaturés moins de 20 %. Les études épidémiologiques et cliniques suggèrent que les acides gras oméga 3 qui se trouvent principalement dans les organismes marins, pourraient avoir des effets bénéfiques dans la prévention de plusieurs maladies cardiovasculaires.

Plusieurs acides organiques ont aussi été détectés : en premier l’acide oxalique dans les feuilles et l’acide citrique dans les tiges. Les acides aconitique, malique et fumarique sont aussi présents.

Ces composés phénoliques se retrouvent dans le café, l’artichaut. Ils ont des activités antioxydantes, anxiolytiques et pourraient jouer un rôle dans la prévention du diabète de type 2(pour les références se reporter à l’entrée de l’acide chlorogénique). Des flavonoïdes ont aussi été détectés : l’apigénol et le kaempférol.

Activité antioxydante

La capacité in vitro d’extraits de pourpier à piéger les radicaux libres du DPPH (2,2-diphényl 1-picrylhydrazyl) a été étudiée. Les feuilles manifestent un grand pouvoir de piégeage des radicaux DPPH : de 60 % à 80 % pour 0,55 mg/mL.

Les composés phénoliques comprennent des acides chlorogéniques : l’acide 3-caféylquinique et l’acide 5-caféylquinique. Les feuilles sont plus riches dans ces composés phénoliques que les tiges.

Le pourpier est réputé pour ses acides gras oméga 3. Il contient toutefois très peu de lipide : 0,1 % dans une analyse de l’USDA aux États-Unis (répercutée dans le tableau de l’ANSES). Une analyse faite au Portugal[7], sur du pourpier sauvage, donne une humidité plus faible des feuilles (91-92 %) et une concentration plus élevée en lipide (0,37-0,44 %) qui s’expliquerait suivant les auteurs par le fait que les plantes cultivées ont des teneurs en eau plus élevées. Les auteurs de cette analyse ont détecté 27 acides gras dont les 4 principaux sont donnés ci-dessous :

COMESTIBILITÉ

• Le pourpier a un goût acidulé, il est ferme et juteux.

• Feuilles et pousses: en Avril-Mai, avant la floraison, les jeunes feuilles et les tiges tendres fournissent une salade croquante. On les cuit à la vapeur comme les épinards et à l eau dans les soupes de légumes. On les utilise aussi dans le fromage blanc aux herbes, les sauces aux herbes et dans les farces de légumes. Cuite à l eau la plante a un léger effet épaississant.

• Fleurs: les fleurs conservées dans le vinaigre aromatisé sont un vrai délice

• Graines: on récolte les graines d Août à Octobre et on les moud pour allonger la farine. Séchées, on les conserve pour les manger en hiver . On peut les récolter bien que de très petites tailles en ramassant la plante avant leur complète maturité et en laissant sécher celle ci au dessus d un drap pendant une semaine. Les graines mûrissent et peuvent être extraites par battage

• En ne cueillant que les extrémités des tiges, la plante poursuit sa croissance

• Cuit, le pourpier est légèrement épaississant

• Portulaca grandiflora, le pourpier à grandes fleurs, parfois subspontané en Europe méridionale, à des parties comestibles: les racines sont consommées cuites dans les régions d origine de la plante. Feuilles et graines seraient comestibles.